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Tour de France : 4 mois de prison avec sursis pour la spectatrice qui avait fait chuter le peloton

La jeune spectatrice, dont l’imprudence a provoqué une chute massive des coureurs lors du Tour de France 2021, a vu une sanction de quatre mois de prison avec sursis, requise à son encontre. Brandissant une pancarte à l’attention de ses grands-parents, elle a semé le chaos dans la première étape de la Grande Boucle.

« La femme à la pancarte »

Le 26 juin 2021, l’image de la jeune femme qui profitait du passage du peloton dans le Finistère pour saluer ses grands-parents, a fait le tour du monde. Involontairement, sa pancarte a causé la chute de plusieurs cyclistes.

Le jeudi 14 octobre, visiblement apeurée, elle s’exprime face au président du tribunal, les mains tremblantes. Elle disait vouloir juste figurer à la télé avec un message dédié à ses grands-parents vivant à Paris, et grands amateurs de la Grande Boucle. Ce n’était pas la première fois qu’elle assistait au Tour de France, et elle connaît bien les normes de sécurité. Pourtant, elle a commis une grave erreur, et a causé une chute massive au peloton. Juste après, elle est restée sur le bas-côté, et n’a quitté les lieux que lorsqu’une personne l’a regardé en disant : « C’est elle ! ».

Quatre jours après l’accident, les autorités ont lancé un appel à témoin. Elle s’était donc rendue à la gendarmerie de Landerneau. L’avocat de la spectatrice souhaite que sa cliente « très fragile« , ne soit pas sanctionnée. Il estime qu’elle est sous une grande pression, due à la couverture médiatique hors norme de son affaire.

Le procureur de la République de Brest, a de même affirmé que la dame était « envahie d'un sentiment de honte » après ce qui s’est passé.

Énormes dégâts

À 45 km de l’arrivée de la première étape du Tour, partie de Brest, la jeune femme avait brandi sa pancarte « Allez Opi Omi » (Allez papi mamie). Empiétant sur la chaussée, dos au peloton, elle a provoqué une chute massive d’une cinquantaine de coureurs.

L’allemand Tony Martin, était le premier à perdre l’équilibre, entraînant avec lui plusieurs autres cyclistes. Certains ont été contraints d’abandonner la course en raison de blessures corporelles graves. Citons à titre d’exemple, l’Espagnol Marc Soler de l’équipe « Movistar », vainqueur de Paris-Nice 2018, qui avait eu trois fractures au bras.

Partie civile au procès, l’organisation internationale Cyclistes professionnels associés (CPA), a exprimé ses vifs regrets quant à cet accident inattendu.

Pour Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, l’accident aurait pu avoir des conséquences encore plus graves. Après tout, cette jeune femme « n’est pas une terroriste », dit-il en marge de la présentation du parcours de la Grande Boucle 2022.

Indemnité symbolique d'un euro

Dans un communiqué paru le mercredi 13 octobre, l'organisation internationale Cyclistes professionnels associés a souligné que le dommage subi par les cyclistes est physique, moral et économique. Gianni Bugno, le président de l'organisation basée en Suisse, a insisté sur le fait que les athlètes s’entraînent durant des mois avant de participer à un grand tour. Ce n’est pas admissible que leurs efforts acharnés, ceux de leurs équipes, de leurs familles, soient ruinés en un clin d’œil, par ceux qui sont censés assister à l’événement.

L’association de coureurs a, toutefois, annoncé qu’elle ne réclamerait qu’une indemnité symbolique d’un euro. Elle espère uniquement sensibiliser le public, quant au besoin d’adopter une attitude responsable, envers les coureurs.

De son côté, le Tour de France, qui avait au préalable annoncé qu’il compte porter plainte, avait fini par y renoncer, estimant ainsi « apaiser les choses ».

Il faut rappeler, enfin, que le jugement a été mis en délibéré au 9 décembre prochain.