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Evry : Un réseau de prostitution chinoise démantelé

17 personnes ont été interpellées à l’issue de deux vagues d’arrestations menées en mars dernier et en début d’octobre. Soupçonnés d’exploiter une trentaine de prostitués d’origine chinoise, les membres de ce réseau ont enfin été mis en examen, a indiqué la gendarmerie nationale dans un communiqué, le mercredi 13 octobre.

Une première vague d’arrestation en mars dernier

Suite à des opérations de surveillance et d’écoutes téléphoniques, les enquêteurs ont pu identifier en mars dernier trois femmes installées en Seine-Saint-Denis et à Angoulême. Ces ressortissantes chinoises vivant en France depuis longtemps, sont alors soupçonnées de gérer, à l’aide de plusieurs de leurs proches, un réseau de prostitution.

Les rôles étaient bien partagés au sein de cette organisation : recrutement des prostituées venues directement de Chine, gestion des annonces en ligne, blanchiment d’argent, location de locaux, rédaction et partage de commentaires flatteurs au sujet des filles sur Internet, etc.

Les trois mères maquerelles présumées, ont été alors placées en détention provisoire. Huit autres suspects, y compris un chauffeur de taxi chargé de transporter les jeunes femmes, ont été mis sous contrôle judiciaire.

En octobre : « Les propriétaires des appartements » mis en examen

Une seconde vague d’arrestation a été lancée début octobre. Les autorités visaient les personnes qui louaient leurs biens immobiliers aux proxénètes pour servir d’endroits de rencontre entre les prostituées et leurs clients. Ces propriétaires auraient été sollicités par le réseau de prostitution à travers des annonces postées sur des sites comme Airbnb et Abritel. Ils sont soupçonnés d’être au courant des activités illégales de leurs locataires, d’autant plus qu’ils avaient bénéficié de loyers avantageux.

En tout, six hommes ont été mis en examen le vendredi 8 octobre et la somme de 140 000 euros a été saisie sur leurs comptes bancaires.

Lesdits appartements se situent dans plusieurs départements : Indre, l’Allier, Essonne, Gironde, Seine-Saint-Denis et Vienne.

Les deux opérations de police, menées en mars et en octobre, ont permis la confiscation de véhicules, d’argent liquide et de biens immobiliers d’une valeur globale de 2,2 millions d’euros.

Une prostitution qui date des années 1990

Selon le sociologue Florence Lévy, la venue des Chinoises en France date de la fin des années 1990. En arrivant, elles n'étaient pas clandestines, mais le sont devenues après l'expiration de leurs visas.

Étant obligées de rembourser les emprunts faits en Chine pour pouvoir voyager, certaines se livrent à la prostitution. Pour plusieurs d’entre elles, ce choix est, en effet, un dernier recours après une période de chômage ou à la suite de petits boulots sous-payés (nounous, caissières, etc.)

À Paris, on les appelle les « marcheuses » parce qu’elles préfèrent parcourir de long en large les trottoirs afin d'éviter d'être arrêtées par la police pour délit de racolage. Souvent sans papiers, elles affirment se prostituer pour survivre, et non sous l’influence de proxénètes. Toutefois, la police parle plutôt de « réseaux bien organisés ».

En 2016, selon Médecins du monde, le nombre des prostituées chinoises, à Paris seulement, était estimé à 1450. De nos jours, le nombre doit être beaucoup plus élevé.